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Retraite pour les Frontaliers
Retraite au Luxembourg · Frontaliers
Âge légal 65 ansUne pension par paysVérifié le 8 octobre 2026

Frontalier au Luxembourg ? Retrouvez ici l’essentiel de vos droits à la retraite luxembourgeoise : l’âge de départ, le calcul du montant, les démarches et la pension de réversion, ainsi que les situations propres aux frontaliers (moins d’un an au Luxembourg, enfants, impôt, assurance maladie).

L’essentiel — vérifié le 8 octobre 2026
  • 65 ans : c’est l’âge légal ; il faut justifier de 120 mois (10 ans) d’assurance, appréciés en totalisant vos périodes au Luxembourg et dans les autres pays de l’Union européenne (notamment la France), de l’EEE, en Suisse ou au Royaume-Uni. Une seule année au Luxembourg suffit pour que le Luxembourg vous verse une pension.
  • Avant 65 ans : dès 57 ans avec 480 mois d’assurance obligatoire (seuil inchangé par la réforme), ou dès 60 ans avec 480 mois toutes périodes confondues, un seuil relevé progressivement depuis le 1er juillet 2026 (jusqu’à 488 mois en 2030, selon la CNAP) : faites confirmer par la CNAP le nombre de mois exigé dans votre cas.
  • Si vous avez travaillé uniquement au Luxembourg, la pension est intégralement versée par le Luxembourg. En carrière franco-luxembourgeoise, vous percevez une pension de chaque État où vous avez été assuré (au Luxembourg, à partir d’un an) : chacun paie la part qui lui revient, en retenant le plus favorable de son calcul national et d’un calcul au prorata, à son propre âge de départ.
  • Montant : pour 40 années d’assurance, la pension ne peut pas être inférieure à 2 436,04 € brut par mois (depuis le 1er juin 2026) ; ce minimum baisse d’un quarantième par année manquante et disparaît sous 20 années (en carrière mixte, la prise en compte de vos années françaises est à vérifier auprès de la CNAP). Pour 10 ans, la part forfaitaire est de 169,68 € par mois, à laquelle s’ajoute une part liée à vos salaires.
  • Démarche : la pension n’est pas automatique, il faut la demander. Une seule demande suffit, au moins 6 mois avant en carrière internationale, auprès de la caisse de retraite de votre lieu de résidence (en France, votre Carsat), qui la transmet à la CNAP ; directement à la CNAP si vous n’avez jamais travaillé en France, ou au choix si votre dernier emploi était au Luxembourg.

Sur cette page : Les chiffres 2026 · 10 ans au Luxembourg · Carrière France-Luxembourg · Cas particuliers · Demander sa pension · Réforme 2026 · Nos pages retraite · Questions fréquentes · Sources

Les chiffres 2026 de la retraite luxembourgeoise

Montants bruts, pour une pension qui débute en 2026, à l’indice en vigueur depuis le 1er juin 2026.

ParamètreValeurSource
Âge légal65 ansCNAP
Durée minimale d’assurance120 mois, en totalisant les périodes accomplies dans l’UE, l’EEE, en Suisse ou au Royaume-Uni, dont au moins 12 mois au LuxembourgCNAP, guichet.public.lu
Pension anticipée dès 57 ans480 mois d’assurance obligatoire (inchangé)CNAP (19/03/2026)
Pension anticipée dès 60 ans480 mois, dont au moins 120 hors périodes complémentaires (études notamment), relevés progressivement depuis le 1er juillet 2026 : +1 mois au 1er juillet 2026, +2 au 1er janvier 2027, +4 en 2028, +6 en 2029, +8 à partir de 2030 ; faites confirmer par la CNAP le nombre exigé dans votre casLoi du 19/12/2025, CNAP (19/03/2026)
Pension minimum2 436,04 € par mois pour 40 années (2 376,62 € avant le 1er juin 2026) ; moins un quarantième par année manquante ; aucune sous 20 années ; en carrière mixte, à vérifier auprès de la CNAPParamètres sociaux, CNAP
Pension maximum11 277,94 € par moisParamètres sociaux (juin 2026)
Part forfaitaire (majorations forfaitaires)678,71 € par mois pour 40 années, acquise par quarantième : environ 16,97 € par année d’assuranceParamètres sociaux, CNAP
Part proportionnelle (majorations proportionnelles)1,763 % du total de vos revenus cotisés, revalorisés ; taux majoré, jusqu’à 2,05 %, si votre âge et vos années d’assurance obligatoire additionnés dépassent un seuil fixé chaque annéeCNAP (24/02/2026)
Cotisation pension25,5 % du salaire brut : 8,5 % pour vous, 8,5 % pour l’employeur, 8,5 % pour l’État (24 % jusqu’en 2025)Loi du 19/12/2025, gouvernement
Indice (cote d’application)992,24 depuis le 1er juin 2026 (tranche de +2,5 %)CNAP
Ajustement au 1er janvier 2026+1,5 % (facteur d’ajustement 1,570)CNAP, gouvernement
Revenu cumulable sans réduction avec une pension anticipéeUn tiers du salaire social minimum, soit environ 924 € par mois depuis le 1er juin 2026 (revenus lissés sur l’année) ; au-delà, réduction possibleCNAP, paramètres sociaux
Date de versementChaque mois, d’avance, le 3e dernier jour ouvrable du mois précédent : 28 octobre 2026 (pension de novembre), 26 novembre 2026 (pension de décembre)CNAP

Mise à jour le 8 octobre 2026. Liens et dates de chaque source en bas de page.

10 ans au Luxembourg : combien toucherez-vous ?

C’est la question la plus fréquente. Deux idées reçues d’abord :

  • Il ne faut pas 10 ans au Luxembourg pour y avoir droit : les 120 mois s’apprécient en additionnant vos périodes dans l’Union européenne, l’EEE, en Suisse ou au Royaume-Uni. Avec un an au Luxembourg et 30 ans en France, vous toucherez une petite pension luxembourgeoise.
  • La pension minimum ne vaut pas pour une carrière de 10 ans : elle suppose au moins 20 années d’assurance. Avec 10 années en tout, aucun minimum n’est garanti. Si vous avez aussi cotisé en France, la prise en compte de ces années pour ce minimum est à vérifier : posez la question à la CNAP lors de votre demande d’estimation.

La pension luxembourgeoise additionne deux parts (valeurs au 1er juin 2026, pour une pension qui débute en 2026) :

  • une part forfaitaire, qui ne dépend que de la durée : 1/40 de 678,71 € par année d’assurance, soit 169,68 € brut par mois pour 10 ans ;
  • une part proportionnelle à vos salaires : 1,763 % du total de vos revenus cotisés au Luxembourg, revalorisés à leur valeur actuelle. Le résultat est un montant annuel, versé en douze mensualités.
Exemple simplifié. 10 ans au Luxembourg avec un salaire de 4 000 € brut par mois (en valeur 2026) représentent 480 000 € de revenus cotisés. Part proportionnelle : 480 000 € × 1,763 % = 8 462,40 € par an, soit 705,20 € par mois. Avec la part forfaitaire de 169,68 €, la pension luxembourgeoise atteint environ 875 € brut par mois, avant cotisations sociales et impôt. Ce n’est qu’un ordre de grandeur : la CNAP revalorise chaque année de salaire séparément.

La CNAP calcule aussi un montant « au prorata », comme si toute votre carrière européenne s’était déroulée au Luxembourg, ramené ensuite à votre part luxembourgeoise, et vous verse le plus élevé des deux (règlement (CE) n° 883/2004, art. 52). Le détail du calcul figure sur notre page Montant de la retraite au Luxembourg.

Pour connaître votre montant réel : le relevé de carrière que la CNAP envoie chaque année comporte, à partir de 55 ans et si vous comptez au moins 120 mois d’assurance, une estimation de votre pension. Vous pouvez aussi demander une estimation à la CNAP après 55 ans, même si vous habitez en France (une par personne, formulaire sur guichet.public.lu). Voir aussi notre page Estimation de votre pension.

Carrière France-Luxembourg : deux pensions, deux âges

Si vous avez travaillé des deux côtés de la frontière, vous ne toucherez pas une retraite unique : chaque pays vous verse sa propre pension, selon ses propres règles, en appliquant les règlements européens de coordination.

  • Totalisation : chaque pays tient compte des périodes accomplies dans les autres pour ouvrir le droit (règlement (CE) n° 883/2004, art. 6). Vos trimestres français vous aident ainsi à atteindre les 120 mois luxembourgeois, et inversement.
  • Calcul : chaque pays compare sa pension « nationale », fondée sur vos seules années chez lui, et une pension « au prorata », puis vous verse la plus élevée (art. 52).
  • Âge : chaque pays applique le sien. Au Luxembourg, 65 ans, ou 57 et 60 ans en pension anticipée ; en France, de 62 ans 9 mois pour les personnes nées entre 1963 et mars 1965 à 64 ans pour celles nées à partir de 1969. Vos deux pensions peuvent donc démarrer à des dates différentes.
  • Moins d’un an au Luxembourg : le Luxembourg ne verse rien, mais ces mois sont repris par les autres pays dans leur propre calcul (art. 57). Ces mois ne sont donc pas perdus.
  • Moins de 120 mois au total, même en additionnant tous les pays : à partir de 65 ans, vous pouvez demander le remboursement de vos cotisations luxembourgeoises (parts salarié et employeur, adaptées à l’indice, sans la part de l’État). Vous renoncez alors à tout droit sur ces périodes.
  • Vos documents : le formulaire P5000 récapitule vos périodes d’assurance d’un pays à l’autre ; à la fin, le formulaire P1 résume les décisions de chaque pays.

Pour comparer l’âge de départ en France, au Luxembourg, en Allemagne, en Belgique et en Suisse, consultez notre comparatif des âges de départ.

Les cas particuliers du frontalier

Les situations propres aux frontaliers, à vérifier avant de déposer votre demande :

Vos enfants : les « baby years »
Le Luxembourg peut compter 24 mois d’assurance par enfant né ou adopté, et 48 mois si, à ce moment-là, vous élevez au moins deux autres enfants ou si l’enfant est handicapé à 50 % au moins. Il faut avoir été assuré obligatoirement au Luxembourg 12 mois au cours des 36 mois précédant la naissance ou l’adoption. Pour un frontalier, la CNAP les accorde si vous travailliez au Luxembourg pendant la période d’éducation ; sinon, seulement si vous y travailliez juste avant la naissance et que votre pays de résidence ne compte pas de périodes d’éducation, et jamais si vous travailliez alors dans un autre pays de l’Union européenne. La demande, commune aux deux parents (à défaut d’accord, la période est partagée par moitié), peut être faite dès les 4 ans de l’enfant et au plus tard avec la demande de pension ; joignez un certificat de résidence.
Vos années d’études
Les années d’études ou de formation professionnelle non indemnisées, suivies au Luxembourg ou à l’étranger à partir de 18 ans, peuvent être reconnues comme périodes complémentaires, sur justificatif écrit. Elles comptent notamment pour la pension anticipée dès 60 ans. La réforme de 2026 en assouplit la prise en compte à partir de 18 ans (CNAP) : faites préciser à la CNAP les années retenues dans votre cas.
L’impôt sur votre pension
La pension légale que verse la CNAP est imposable au Luxembourg seulement (convention fiscale franco-luxembourgeoise du 20 mars 2018, art. 17, § 2) : la caisse prélève l’impôt à la source, d’après la fiche de retenue établie par l’Administration des contributions directes (bureau RTS Non-résidents). Vous la déclarez quand même en France, sur le formulaire 2047 reporté sur la déclaration 2042 : l’impôt français est calculé en l’incluant, puis diminué d’un crédit d’impôt égal à l’impôt français correspondant (art. 22). Une pension complémentaire versée au titre d’un ancien emploi est, elle, imposable en France seulement (art. 17, § 1). Le détail : Imposition des retraites et formulaires 2042 et 2047.
Votre assurance maladie à la retraite
Vous ne touchez qu’une pension luxembourgeoise : demandez un formulaire S1 à la CNAP et faites-le enregistrer par votre CPAM ; vos soins sont alors à la charge du Luxembourg. Vous touchez une pension française et une pension luxembourgeoise : c’est la France, votre pays de résidence, qui prend en charge vos soins (règlement (CE) n° 883/2004, art. 23). Ancien frontalier, si vous avez travaillé au moins deux ans comme frontalier au Luxembourg au cours des cinq années précédant votre pension, vous pouvez continuer à vous y faire soigner (art. 28, formulaire S3 délivré par votre CPAM). Voir Vos soins à la retraite et nos fiches S1 et S3.
Le versement et le certificat de vie
La CNAP verse la pension chaque mois, d’avance, le troisième dernier jour ouvrable du mois précédent, sur le compte bancaire de votre choix, y compris en France. Prochaines dates : 28 octobre 2026 (pension de novembre) et 26 novembre 2026 (pension de décembre). Résident en France, vous ne recevez plus de certificat de vie depuis septembre 2020 : les caisses échangent ces informations par voie électronique. Si l’échange échoue, la CNAP vous en adresse un le mois de votre anniversaire : renvoyez-le signé, avec la partie B remplie par votre mairie, avant la date limite, sinon le paiement est suspendu.
Travailler en touchant votre pension
À partir de 65 ans, vous pouvez cumuler librement pension et activité. Avec une pension anticipée, la pension n’est pas réduite si vos revenus professionnels, lissés sur l’année, ne dépassent pas un tiers du salaire social minimum par mois (environ 924 € depuis le 1er juin 2026) ; au-delà, elle peut être réduite, voire retirée. Nouveau depuis 2026, la pension progressive vous permet, entre 57 et 65 ans, de réduire d’au moins 25 % votre temps de travail chez votre employeur luxembourgeois tout en touchant une partie de votre pension anticipée. Il faut remplir les conditions de la pension anticipée, avoir travaillé au moins à 75 % d’un temps plein chez le même employeur pendant les 3 dernières années, garder au moins 16 heures par semaine et obtenir l’accord de l’employeur ; le certificat de la CNAP se demande sur MyGuichet.lu. Résidents et frontaliers y ont accès. Détails : Cumul emploi-retraite au Luxembourg.
Le conjoint survivant
En cas de décès, votre conjoint ou partenaire peut recevoir une pension de survie luxembourgeoise si vous étiez pensionné ou si vous aviez cotisé au moins 12 mois au cours des trois années précédant le décès. Le mariage ou le partenariat doit en principe avoir duré au moins un an, et la pension cesse en cas de remariage. Voir Pension de réversion au Luxembourg et la fiche Demande de pension de survie luxembourgeoise.
Indépendants et préretraites
Les indépendants relèvent du même régime général que les salariés, géré par la CNAP. Plusieurs préretraites existent par ailleurs dès 57 ans (préretraite-ajustement, préretraite progressive, salariés postés ou de nuit, chômeurs indemnisés), chacune avec ses propres conditions : voir la partie préretraite de notre page Âge de départ à la retraite au Luxembourg.

Demander votre pension depuis la France, en 5 étapes

  1. Vérifiez votre carrière dès 55 ans. Contrôlez le relevé de carrière que la CNAP vous envoie chaque année et, après 55 ans, demandez une estimation de pension. Repérez les périodes à faire reconnaître (enfants, études) avant votre départ ; côté français, demandez aussi votre relevé de carrière à votre caisse.
  2. Fixez vos dates de départ. Au Luxembourg, 65 ans, ou 57 et 60 ans en pension anticipée (voir Âge de départ) ; en France, selon votre date de naissance. Chaque pension peut démarrer à une date différente.
  3. Déposez une seule demande. Résident en France, adressez-vous à la caisse régionale de l’Assurance retraite de votre lieu de résidence (Carsat) : elle vous remet le formulaire propre au Luxembourg et transmet votre demande à la CNAP et aux autres caisses. Si vous n’avez jamais travaillé en France, adressez-la directement à la CNAP ; si votre dernier emploi était au Luxembourg, vous pouvez aussi choisir la CNAP (règlement (CE) n° 987/2009, art. 45). La date de dépôt vaut pour tous les pays.
  4. Anticipez. Pour une carrière internationale, guichet.public.lu conseille de déposer la demande au moins 6 mois avant la date souhaitée (2 à 6 mois si vous n’avez travaillé qu’au Luxembourg) ; l’Assurance retraite demande 5 mois pour la retraite française. Signalez bien vos années au Luxembourg : la pension luxembourgeoise n’est pas attribuée automatiquement.
  5. Suivez les décisions. Chaque pays vous notifie sa décision ; une fois toutes connues, vous recevez le formulaire P1 qui les récapitule. Pensez ensuite à l’assurance maladie, à l’impôt et, le cas échéant, à la pension de survie. Toutes les étapes : Démarches retraite au Luxembourg.

Réforme des pensions 2026 : ce qui change pour vous

  • 65 ans et 57 ans : inchangés.
  • Départ dès 60 ans : le seuil de 480 mois est relevé progressivement depuis le 1er juillet 2026, de 1 mois à 8 mois supplémentaires à partir de 2030 selon la CNAP (loi du 19 décembre 2025) ; certaines préretraites ne sont pas concernées. Faites confirmer par la CNAP le nombre de mois exigé dans votre cas.
  • Cotisation : 25,5 % au lieu de 24 % depuis le 1er janvier 2026, dont 8,5 % retenus sur votre salaire (8 % auparavant).
  • Pension progressive : entre 57 et 65 ans, possibilité de réduire son temps de travail en touchant une partie de sa pension.
  • Années d’études : prise en compte plus souple à partir de 18 ans.
  • Côté France : la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 suspend la réforme de 2023 pour les retraites prenant effet à partir du 1er septembre 2026 ; l’âge légal des personnes nées de 1964 à 1968 va de 62 ans 9 mois à 63 ans 9 mois selon la date de naissance.

Le calendrier et les exceptions sont détaillés dans l’encart Réforme des pensions de notre page âge de départ.

Votre retraite luxembourgeoise, étape par étape

Les fiches formulaires utiles

Questions fréquentes

Faut-il avoir travaillé 10 ans au Luxembourg pour toucher une pension ?
Non. Le seuil de 120 mois (10 ans) qui ouvre le droit s’apprécie en totalisant vos périodes d’assurance au Luxembourg et dans les autres pays de l’Union européenne (notamment la France), de l’EEE, en Suisse ou au Royaume-Uni. Une seule année cotisée au Luxembourg suffit à acquérir une pension luxembourgeoise ; en dessous d’un an, ce sont les autres pays qui reprennent ces mois dans leur calcul.
À quel âge peut-on partir à la retraite au Luxembourg ?
L’âge légal est de 65 ans au Luxembourg. Une pension anticipée est possible dès 57 ans avec 480 mois d’assurance obligatoire, ou dès 60 ans avec 480 mois toutes périodes confondues, un seuil relevé progressivement depuis le 1er juillet 2026 (jusqu’à 488 mois en 2030 selon la CNAP). En France, l’âge légal dépend de votre date de naissance : de 62 ans 9 mois (personnes nées entre 1963 et mars 1965) à 64 ans (personnes nées à partir de 1969).
Vais-je toucher une pension française ET luxembourgeoise ?
Oui, en règle générale. Chaque pays dans lequel vous avez été assuré vous verse sa propre pension (le Luxembourg à partir d’un an d’assurance), calculée sur les périodes accomplies dans ce pays : il compare son calcul national et un calcul au prorata, et retient le plus favorable. Vous percevez ainsi deux pensions distinctes, l’une versée par la France, l’autre par le Luxembourg, chacune à l’âge prévu par le pays qui la paie.
Combien touche-t-on pour 10 ans de travail au Luxembourg ?
Il n’y a pas de montant unique. La pension additionne une part forfaitaire, qui ne dépend que de la durée (pour 10 ans : 169,68 € brut par mois aux valeurs de juin 2026), et une part proportionnelle à vos salaires (1,763 % de leur total revalorisé, montant annuel versé en douze mensualités). Exemple simplifié : 4 000 € brut par mois pendant 10 ans donnent environ 875 € brut par mois. La CNAP compare ce calcul avec un calcul au prorata de toute votre carrière européenne et vous verse le montant le plus élevé.
Existe-t-il une pension minimum au Luxembourg ?
Oui : depuis le 1er juin 2026, une pension ne peut pas être inférieure à 2 436,04 € brut par mois pour 40 années d’assurance. Ce minimum baisse d’un quarantième par année manquante et ne s’applique pas en dessous de 20 années : avec 10 années en tout, il n’y a pas de minimum. En carrière mixte, la prise en compte de vos années françaises pour ce minimum est à vérifier auprès de la CNAP.
Où déposer sa demande de retraite quand on habite en France ?
Auprès de la caisse régionale de l’Assurance retraite de votre lieu de résidence (Carsat), qui transmet votre demande à la CNAP : une seule demande suffit pour tous les pays. Si vous n’avez jamais travaillé en France, adressez-la directement à la CNAP ; si votre dernier emploi était au Luxembourg, vous pouvez aussi choisir la CNAP (règlement (CE) n° 987/2009, art. 45). Comptez au moins 6 mois d’avance pour une carrière internationale.
Ma pension luxembourgeoise est-elle imposée en France ?
La pension légale versée par la CNAP est imposable au Luxembourg, qui prélève l’impôt à la source (convention fiscale franco-luxembourgeoise du 20 mars 2018, art. 17). Vous la déclarez aussi en France (formulaire 2047) : l’impôt français est calculé en l’incluant, puis diminué d’un crédit d’impôt égal à l’impôt français correspondant à cette pension (art. 22). Elle n’est donc pas imposée deux fois. Une pension complémentaire versée au titre d’un ancien emploi est, elle, imposable en France seulement.
Que se passe-t-il si j’ai travaillé moins d’un an au Luxembourg ?
Le Luxembourg ne vous verse pas de pension pour moins de 12 mois d’assurance. Ces mois ne sont pas perdus : les autres pays où vous avez cotisé, la France notamment, les reprennent dans le calcul de leur propre pension (règlement (CE) n° 883/2004, art. 57).
À quelle date la pension luxembourgeoise est-elle versée ?
Chaque mois, d’avance, le troisième dernier jour ouvrable du mois précédent : la pension de novembre 2026 est versée le 28 octobre, celle de décembre le 26 novembre. Elle peut être versée sur un compte bancaire en France. Si vous résidez en France, vous n’avez plus de certificat de vie à renvoyer depuis septembre 2020, sauf si l’échange électronique entre caisses échoue.
Mes enfants nés pendant mon activité au Luxembourg comptent-ils pour ma retraite ?
Oui, sous conditions : les « baby years » ajoutent 24 mois d’assurance par enfant (48 mois si vous élevez au moins deux autres enfants ou si l’enfant est handicapé à 50 % au moins). Il faut avoir été assuré obligatoirement 12 mois au Luxembourg dans les 36 mois précédant la naissance ou l’adoption et, pour un frontalier, y travailler pendant la période d’éducation (les conditions sont plus strictes sinon). La demande peut être faite dès les 4 ans de l’enfant, au plus tard avec la demande de pension.

Sources officielles

Consultées le 8 octobre 2026 ; entre parenthèses, la date de mise à jour indiquée par chaque page.

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