Frontaliers Grand Est · Centre de ressources du travail frontalier
Vous habitez d’un côté, vous travaillez de l’autre.
On vous dit ce qui s’applique.
Impôts, sécurité sociale, télétravail, contrat de travail : tout dépend du couple pays de résidence / pays d’emploi. Dites-nous le vôtre.
1 Je travaille…
- 202 000 salariés du Grand Est travaillent dans un pays frontalier Insee Flash Grand Est n° 110, données 2022
- 34 jours de travail hors Luxembourg avant de changer d’imposition Avenant du 7 novembre 2022
- 40 % du temps de travail télétravaillable depuis la France pour la Suisse Avenant du 27 juin 2023, en vigueur depuis le 24/07/2025
- 50 % de télétravail à ne pas atteindre pour garder la sécu du pays d’emploi Accord-cadre européen du 1er juillet 2023, sur demande d’A1
L’essentiel en 30 secondes
Être salarié frontalier, c’est vivre sous deux droits
- Votre contrat suit le pays où vous travaillez. Durée du travail, congés payés, préavis, licenciement : c’est le droit du travail de votre pays d’emploi qui s’applique, pas le droit français.
- Votre sécurité sociale aussi — une seule à la fois. Vous cotisez et vous êtes assuré dans le pays où vous travaillez. Le formulaire S1, remis à votre CPAM, vous ouvre en plus les soins en France : c’est le privilège du frontalier, être soigné des deux côtés.
- Vos impôts, eux, ne suivent pas la même règle. Selon le pays et selon votre situation, le salaire est imposé chez l’employeur ou en France. Et dans tous les cas, il doit être déclaré en France sur le formulaire 2047.
- Le télétravail est le point qui fait basculer tout le reste. Trop de jours à la maison et vous changez de fiscalité, de sécurité sociale, parfois des deux. Les seuils ne sont pas les mêmes pour l’impôt et pour la sécu : c’est là que se jouent la plupart des mauvaises surprises.
Où votre salaire est imposé, situation par situation
- Luxembourg
- Imposé au Luxembourg, à la source (RTS). Il n’existe pas de statut de frontalier fiscal. À déclarer en France, qui accorde un crédit d’impôt égal à l’impôt français.
- Allemagne
- Imposé en France si vous avez le statut de frontalier (domicile et lieu de travail en zone frontalière, retour quotidien, 45 jours de tolérance). Sinon, imposé en Allemagne.
- Belgique
- Imposé en Belgique. Le régime frontalier franco-belge est fermé aux nouveaux entrants depuis 2012 et s’éteint définitivement le 31 décembre 2033.
- Suisse
- Imposé en France dans les 8 cantons de l’accord de 1983 (Berne, Soleure, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Vaud, Valais, Neuchâtel, Jura). À la source en Suisse ailleurs, Genève compris.
- France
- Vous habitez en Allemagne ou en Belgique et travaillez en France ? Votre salaire est imposé en France et prélevé à la source, sauf statut de frontalier franco-allemand.
- Belgique → Luxembourg
- Imposé au Luxembourg dans la limite de 34 jours prestés ailleurs. En Belgique, le salaire reste à déclarer : il y est exonéré, mais avec réserve de progressivité.
Frontaliers Grand Est, centre de ressources EURES de la Grande Région, informe gratuitement les travailleurs frontaliers sur le droit du travail, la protection sociale et la fiscalité. Une situation particulière ? Posez votre question à nos juristes.
Les sept situations
Votre situation, c’est un couple de pays
Habiter en France et travailler au Luxembourg n’a rien à voir avec habiter en Belgique et y travailler aussi. Choisissez la vôtre.
- 126 600 frontaliers français J’habite en France, je travaille au Luxembourg Impôt luxembourgeois à la source, 34 jours de tolérance, CNS, congés : le plus grand bassin frontalier d’Europe. Découvrir la situation
- Statut de frontalier · zone des 30 km J’habite en France, je travaille en Allemagne Le seul cas où votre salaire reste imposé en France — à condition de respecter la zone frontalière et les 45 jours. Découvrir la situation
- Régime frontalier en extinction J’habite en France, je travaille en Belgique Salaire imposé en Belgique, précompte professionnel, INAMI. Le régime frontalier ne concerne plus qu’une minorité de salariés. Découvrir la situation
- Permis G · 40 % de télétravail J’habite en France, je travaille en Suisse Huit cantons vous imposent en France, les autres à la source. Permis G, LAMal ou CMU, télétravail encadré depuis 2025. Découvrir la situation
- Le sens inverse J’habite en Allemagne, je travaille en France Prélèvement à la source français, CPAM, congés payés à la française : ce qui change pour un résident allemand. Découvrir la situation
- Le sens inverse J’habite en Belgique, je travaille en France Imposition en France, affiliation au régime français, coordination avec la mutuelle belge : le mode d’emploi. Découvrir la situation
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Le point qui fait tout basculer
Télétravail : deux seuils, pas un
L’impôt et la sécurité sociale ne comptent pas vos jours de la même façon. Il faut respecter les deux.
Le seuil fiscal — il dépend du pays
34 joursLuxembourg — avenant du 7 novembre 2022Au-delà de 34 jours travaillés hors du Luxembourg dans l’année (télétravail et missions confondus), le Luxembourg perd le droit d’imposer ces journées : la France les impose, dès le premier jour. Toute fraction de journée compte pour une journée entière.
Suisse : 40 % du temps de travail annuel, dont 10 jours de mission maximum. Allemagne et Belgique : aucun seuil de télétravail dans les conventions fiscales — le salaire est imposé au prorata des jours travaillés dans chaque pays, et le statut de frontalier franco-allemand a ses propres règles (zone des 30 km, 45 jours).
Vous résidez en Belgique et travaillez au Luxembourg ? Le même seuil de 34 jours s’applique, porté de 24 à 34 par l’avenant du 31 août 2021 et valable depuis l’année 2022.
Le seuil social — il est européen
25 % … 50 %Règlement (CE) 883/2004 et accord-cadre du 1er juillet 2023À partir de 25 % de votre temps travaillé depuis la France, vous basculez normalement dans la sécurité sociale française — et votre employeur étranger doit y cotiser.
L’accord-cadre européen neutralise cette bascule jusqu’à 49 % de télétravail, mais seulement sur demande : c’est l’employeur qui la dépose, avec votre accord, pour obtenir un certificat A1 valable 3 ans. Sans cette démarche, la règle des 25 % s’applique. Luxembourg, Allemagne, Belgique et Suisse sont tous signataires.
Le piège classique : un frontalier au Luxembourg qui télétravaille 1,5 jour par semaine reste sous le seuil social s’il a son A1 — mais dépasse largement les 34 jours fiscaux. Les deux plafonds se calculent séparément, et le plus bas commande. Un doute sur votre cas ? Écrivez-nous.
Le détail par pays
Vos jours de télétravail, pays d’emploi par pays d’emploi
Seuils, démarches, formulaire A1, ce que doit faire votre employeur : chaque page reprend les règles en vigueur pour votre pays.
Ce que peu de frontaliers savent
Quatre droits que vous avez déjà
Travailler de l’autre côté de la frontière ne vous coupe de rien. À condition de connaître les bons formulaires.
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Vous vous soignez des deux côtés
C’est la spécificité du frontalier : avec le formulaire S1 remis à votre CPAM, vous avez droit aux soins dans votre pays d’emploi et dans votre pays de résidence, au choix — sans cotisation supplémentaire. Résident belge assuré au Luxembourg ? Le document s’appelle BL1 et se remet à votre mutualité.
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Votre famille est couverte avec vous
Conjoint et enfants relèvent du même régime que vous. Chacun reçoit son propre document et est pris en charge dans votre pays de résidence comme s’il y était affilié.
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Le pays de résidence complète
Votre pays d’emploi verse les allocations familiales en premier. Si elles sont inférieures au montant du pays de résidence, celui-ci verse la différence : la CAF chaque trimestre en France, la caisse de votre entité fédérée en Belgique.
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Une seule demande de retraite
Chaque pays calcule votre pension au prorata des années qui y ont été cotisées, mais vous ne déposez qu’un seul dossier, auprès de votre dernière caisse française. Elle transmet aux autres.
Règlement (CE) n° 883/2004, art. 11, 18, 68 · Règlement Rome I n° 593/2008 Les cas particuliers →
Sept réponses sourcées
Les questions qu’on nous pose
Réponse courte ici, source officielle à chaque fois.
Qu’est-ce qu’un travailleur frontalier, exactement ?
Au sens européen, c’est « toute personne qui exerce une activité salariée ou non salariée dans un État membre et qui réside dans un autre État membre où elle retourne en principe chaque jour ou au moins une fois par semaine ». Cette définition sert pour la sécurité sociale.
Attention : la définition fiscale est différente et plus étroite. Le « statut de frontalier » au sens des conventions fiscales n’existe qu’avec l’Allemagne (zone frontalière de 30 km, retour quotidien), la Suisse (accord de 1983) et, de façon résiduelle, la Belgique. Il n’existe pas avec le Luxembourg.
Art. 1er f) du règlement (CE) n° 883/2004 — Cleiss, impots.gouv.fr
Dans quel pays je paie mes impôts ?
Cela dépend du pays d’emploi :
- Luxembourg : imposition au Luxembourg, retenue à la source. La France accorde un crédit d’impôt égal à l’impôt français.
- Allemagne : imposition en France si vous avez le statut de frontalier (domicile en Bas-Rhin, Haut-Rhin ou Moselle, travail dans la bande des 30 km, retour quotidien, 45 jours de tolérance). Sinon, imposition en Allemagne.
- Belgique : imposition en Belgique. Le régime frontalier est réservé à ceux qui en bénéficiaient déjà au 31 décembre 2011 et disparaît fin 2033.
- Suisse : imposition en France dans les huit cantons de l’accord de 1983 ; imposition à la source en Suisse dans les autres, dont Genève.
Vous résidez en Belgique et travaillez au Luxembourg ? Le salaire est imposé au Luxembourg. Il doit malgré tout figurer sur votre déclaration belge, où il est exonéré avec réserve de progressivité : il ne sera pas imposé, mais il relève le taux appliqué à vos autres revenus.
Dans tous les cas, le salaire étranger doit être déclaré en France sur le formulaire 2047, puis reporté sur la 2042.
impots.gouv.fr, salariés en Suisse, BOFiP France-Belgique, convention Belgique-Luxembourg, art. 23
Combien de jours puis-je télétravailler sans changer d’imposition ?
Luxembourg : 34 jours par année civile passés à travailler hors du Grand-Duché — télétravail et missions dans un pays tiers confondus. Toute fraction de journée compte pour une journée entière. Au-delà, la France impose les journées concernées à compter du premier jour, et non seulement l’excédent.
Suisse : 40 % du temps de travail annuel, missions comprises dans la limite de 10 jours. Ce régime, issu de l’avenant du 27 juin 2023, est en vigueur depuis le 24 juillet 2025 et vaut aussi pour les frontaliers relevant de l’accord de 1983.
Allemagne et Belgique : les conventions fiscales ne prévoient aucun seuil de télétravail. Hors statut de frontalier, le salaire est imposé au prorata des jours effectivement travaillés dans chaque pays.
Belgique → Luxembourg : 34 jours également. Le seuil, longtemps fixé à 24 jours, a été porté à 34 par l’avenant du 31 août 2021, entré en vigueur le 10 février 2023 et applicable depuis l’année d’imposition 2022. Même règle qu’en France : toute fraction de journée compte pour une journée, et le dépassement fait perdre au Luxembourg le droit d’imposer l’ensemble des jours prestés hors du Grand-Duché.
Avenant du 07/11/2022 (Luxembourg), avenant du 27/06/2023 (Suisse) — accord d’application des 34 jours, impots.gouv.fr — Suisse, ACD — seuil de tolérance Belgique
Et pour la sécurité sociale, quelle est la limite de télétravail ?
La règle de base : dès que vous exercez 25 % ou plus de votre activité depuis votre pays de résidence, vous relevez de la sécurité sociale de ce pays — et votre employeur étranger doit y cotiser. Un seul jour et demi de télétravail par semaine suffit à franchir ce seuil.
L’accord-cadre européen du 1er juillet 2023 permet de rester affilié dans le pays de l’employeur jusqu’à 49 % de télétravail. Mais ce n’est pas automatique : l’employeur doit en faire la demande, avec votre accord, pour obtenir un certificat A1 valable au maximum 3 ans. En France, la demande se fait auprès de l’Urssaf, service mobilité internationale. Le Luxembourg, l’Allemagne, la Belgique et la Suisse sont signataires.
Art. 13 du règlement (CE) n° 883/2004 et accord-cadre pris sur le fondement de l’art. 16 — Cleiss, Urssaf
De quelle sécurité sociale je dépends, et où puis-je me soigner ?
Vous êtes assuré et vous cotisez dans le pays où vous travaillez, quel que soit votre lieu de résidence, et dans un seul pays à la fois.
Demandez le formulaire S1 à votre caisse du pays d’emploi et remettez-le à votre CPAM : vous serez pris en charge en France comme si vous y étiez affilié, avec carte Vitale, sans cotiser deux fois. Si vous résidez en Belgique et êtes assuré au Luxembourg, la CNS ne délivre pas un S1 mais un BL1, à remettre à la mutualité belge de votre choix. Vous pouvez alors vous faire soigner des deux côtés de la frontière, y compris pour des soins programmés. Votre carte européenne d’assurance maladie, elle, est délivrée par l’organisme du pays d’emploi, pas par la CPAM.
Art. 11 §3 a) du règlement (CE) n° 883/2004 — Ameli, Cleiss, CNS — frontaliers
Qui verse mes allocations familiales ?
Les droits ouverts au titre d’une activité professionnelle priment sur ceux liés à la résidence. Si vous êtes le seul parent à travailler et que vous travaillez chez le voisin, c’est donc votre pays d’emploi qui verse les prestations familiales en premier. Si votre conjoint travaille en France, où résident les enfants, c’est la France qui devient prioritaire.
Quand les prestations étrangères sont inférieures à ce que vous auriez perçu dans votre pays de résidence, celui-ci verse la différence : en France, la CAF paie l’allocation différentielle chaque trimestre. Résident belge dont le conjoint travaille en Belgique ? C’est la caisse belge qui paie en priorité et la CAE luxembourgeoise qui verse le complément, semestriellement.
Art. 68 du règlement (CE) n° 883/2004 — Cleiss, caf.fr, CAE — règles de priorité
Quel droit du travail s’applique à mon contrat ?
Celui du pays où vous accomplissez habituellement votre travail — donc votre pays d’emploi. Durée du travail, congés payés, préavis, rupture du contrat : tout relève du droit luxembourgeois, allemand, belge ou suisse selon le cas, même si vous résidez en France.
Si votre contrat désigne une autre loi, ce choix ne peut pas vous priver de la protection que vous garantissent les règles impératives du pays où vous travaillez.
Art. 8 du règlement (CE) n° 593/2008 « Rome I » — Your Europe
Informations vérifiées sur les sources officielles le 26/08/2026. Chaque situation individuelle peut varier : en cas de doute, posez votre question à nos juristes.
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Toutes ces pages ont été consultées le 26 août 2026. Les seuils et les conventions évoluent : en cas d’écart avec ce que vous lisez ici, la source officielle fait foi. Signalez-nous l’erreur, on corrige.