En travaillant en intérim en France, vous êtes affilié à la sécurité sociale française, même si vous résidez en Allemagne ou en Belgique : c’est le principe du pays d’emploi posé par le règlement (CE) n° 883/2004. Voici vos droits, branche par branche.
L’assurance maladie : votre affiliation en France
Vous cotisez à l’Assurance Maladie française. Votre contrat de travail sert de preuve d’affiliation, valable pour la durée de votre mission. Vous devez fournir à votre employeur un numéro de sécurité sociale (provisoire ou définitif) — c’est au salarié de le demander. De son côté, l’agence effectue une déclaration préalable à l’embauche (DPAE) auprès de l’Urssaf dans les 8 jours précédant le début de l’emploi.
🆕 Jamais immatriculé en France ?
Faites une demande d’immatriculation auprès de l’Assurance Maladie. Une fois validée, commandez votre carte Vitale (gratuite) depuis votre compte ameli pour le remboursement de vos frais de santé.
🔄 Déjà immatriculé ?
Vous avez déjà un numéro de sécurité sociale : inutile de refaire une immatriculation. Mettez simplement à jour votre situation (adresse, statut professionnel…).
Dans les deux cas, déclarez un médecin traitant : hors parcours de soins, vos frais médicaux sont moins bien remboursés.
🌍 À noter — frontaliers : vos soins de santé
Résident d’Allemagne ou de Belgique travaillant en France, demandez à votre CPAM le document S1 et remettez-le à votre caisse de résidence (Krankenkasse en Allemagne, mutualité en Belgique) : vous pourrez vous faire soigner dans votre pays de résidence comme en France. Pour les séjours temporaires ailleurs dans l’UE, utilisez la carte européenne d’assurance maladie (CEAM).
La complémentaire santé des intérimaires
Les intérimaires relèvent du régime de branche « Intérimaires Santé ». Vous êtes affilié automatiquement dès 414 heures d’intérim sur les 12 derniers mois, ou dès la première heure si votre mission dure 3 mois ou plus ou si vous êtes en CDI intérimaire. Une portabilité des garanties existe après la fin de mission : renseignez-vous sur sa durée auprès d’Intérimaires Santé.
Maladie, accident du travail
- En cas d’arrêt maladie, vous pouvez percevoir des indemnités journalières de la CPAM, sous conditions d’heures travaillées ou de cotisations ;
- Vous êtes couvert contre les accidents du travail et maladies professionnelles dès la première heure de mission ; l’accident de trajet entre votre domicile (même à l’étranger) et le lieu de mission est couvert ;
- Le FASTT (Fonds d’action sociale du travail temporaire) propose des services d’accompagnement : logement, mobilité, garde d’enfants, soutien après accident — fastt.org.
Vos prestations familiales
Frontalier résidant dans un pays de l’UE et travaillant en France, vous ouvrez droit aux allocations familiales françaises. Dans les situations transfrontalières, il faut déterminer le pays prioritaire :
- Pas de cumul à 100 % : un pays est prioritaire, l’autre verse un éventuel complément différentiel ;
- Priorité à la France si les deux parents travaillent uniquement en France, si vous élevez seul(e) vos enfants en travaillant en France, ou si le seul revenu du foyer est de source française ;
- Si l’un des parents perçoit un revenu d’activité (ou indemnités maladie/chômage) dans votre pays de résidence, c’est ce pays qui est prioritaire ;
- Parents travaillant dans deux pays différents : le pays aux prestations les plus avantageuses est prioritaire, complément éventuel de l’autre.
En France, les allocations familiales sont versées à partir de 2 enfants à charge de moins de 20 ans.
Votre retraite
Vos missions génèrent des droits à la retraite de base (régime général) et à la retraite complémentaire Agirc-Arrco. Si vous avez cotisé dans plusieurs pays de l’UE, les périodes sont totalisées au moment de la liquidation : chaque pays verse sa part de pension (règlement (CE) n° 883/2004).
Le chômage
📄 Chômage complet
C’est votre pays de résidence qui vous indemnise — voir notre page Rupture du contrat d’intérim.
⏸️ Chômage partiel ou technique
C’est en revanche la France, pays d’emploi, qui intervient.