Vous résidez dans le Grand Est et vous travaillez ou allez travailler en Suisse ? Entre les cotisations sociales suisses (AVS, assurance-chômage, LPP, LAA) et un impôt qui se paie tantôt en France, tantôt en Suisse, le passage du salaire brut au salaire net n’a rien d’évident. Notre simulateur vous donne une estimation claire de votre salaire net en fonction de votre canton de travail, de votre situation familiale et de votre âge, sur la base des barèmes 2026.
Frontaliers Grand Est · Outil d’estimation
Salaire brut → net en Suisse
Pour les frontaliers résidant en France et travaillant en Suisse
Votre situation
Montant brut versé par l’employeur, avant cotisations (hors 13e salaire pour une estimation mensuelle simple).
Le taux LAA-ANP (accidents non professionnels, à charge du salarié) dépend de l’assureur et de la branche : ajustez selon votre fiche de paie.
Le salaire suisse est converti en euros pour la déclaration française. Utilisez le taux de change annuel moyen publié par l’administration fiscale (BOFiP).
Mention expresse : le taux de 12,0 % est une valeur indicative par défaut, qui ne correspond à aucun canton en particulier et doit impérativement être remplacée. L’impôt à la source dépend du barème cantonal officiel (code A / B / C / H selon la situation familiale), du revenu et de la commune. Reportez le taux exact figurant sur votre fiche de paie ou dans le barème de l’administration fiscale cantonale (AFC). Le montant affiché n’est qu’une estimation fondée sur le taux saisi.
Estimation
par moisComment passe-t-on du salaire brut au net en Suisse ?
Quel que soit le canton, un salarié qui travaille en Suisse cotise au régime social suisse. Ces cotisations, prélevées sur le salaire brut, sont identiques que vous soyez imposé en France ou à la source en Suisse.
Les cotisations sociales prélevées sur la fiche de paie
- AVS / AI / APG (1ᵉʳ pilier) : 5,3 % du salaire brut, sans plafond. C’est l’assurance vieillesse, invalidité et perte de gain.
- Assurance-chômage (AC) : 1,1 % du salaire brut, sur la part allant jusqu’à 148 200 CHF par an. Au-delà, plus de cotisation AC.
- Assurance-accidents non professionnels (LAA-ANP) : à la charge du salarié (les accidents professionnels, eux, sont payés par l’employeur). Le taux dépend de l’assureur et de la branche, le plus souvent entre 0,7 % et 1,5 %.
- Prévoyance professionnelle (LPP, 2ᵉ pilier) : voir ci-dessous.
Bon à savoir : l’assurance maladie (LAMal en Suisse, ou droit d’option pour la CMU en France) n’apparaît pas sur la fiche de paie suisse. Elle est payée séparément et n’entre donc pas dans le calcul brut → net.
La LPP, le poste le plus variable
La LPP (2ᵉ pilier) ne se calcule pas sur le salaire brut entier, mais sur le salaire coordonné : salaire brut diminué d’une déduction de coordination de 26 460 CHF (montant 2026), avec un plancher de 3 780 CHF et un plafond de 64 260 CHF. Le taux dit « bonification de vieillesse » augmente avec l’âge :
- 25 à 34 ans : 7 %
- 35 à 44 ans : 10 %
- 45 à 54 ans : 15 %
- 55 ans et plus : 18 %
Ces taux sont partagés au minimum à parts égales avec l’employeur : votre part est donc de la moitié. La cotisation n’est due qu’à partir d’un salaire annuel de 22 680 CHF. Attention : de nombreuses caisses de pension prélèvent davantage que ce minimum légal et ajoutent une prime de risque — votre fiche de paie réelle peut donc différer.
Où payez-vous vos impôts ? Tout dépend de votre canton
C’est la grande spécificité des frontaliers en Suisse : le lieu d’imposition dépend du canton de travail. Deux régimes coexistent.
Accord du 11 avril 1983 : imposition en France
Huit cantons ont signé l’accord franco-suisse de 1983 : Berne, Soleure, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Vaud, Valais, Neuchâtel et Jura. Si vous travaillez dans l’un d’eux et que vous rentrez en principe chaque jour à votre domicile en France, votre salaire suisse est imposé en France. L’employeur ne prélève alors aucun impôt à la source ; vous fournissez l’attestation de résidence (formulaire 2041-AS). La Suisse verse à la France une compensation de 4,5 % de la masse salariale brute des frontaliers.
Dans ce cas, le simulateur affiche d’abord votre net versé (salaire moins cotisations sociales suisses), puis, au second plan, une estimation de l’impôt sur le revenu français dû séparément. Le salaire suisse étant déclaré en euros, le simulateur applique un taux de change que vous pouvez ajuster.
Hors accord : impôt à la source en Suisse
Pour tous les autres cantons — Genève, Zurich, Zoug, Tessin, Fribourg, Argovie… — ou lorsque les conditions du statut de 1983 ne sont pas réunies, le salaire est imposé à la source en Suisse : l’employeur retient l’impôt directement, selon le barème cantonal (codes A, B, C, H… selon la situation familiale). Le revenu doit ensuite être déclaré en France pour le calcul du taux effectif. Le canton de Genève applique son propre accord de 1973 (rétrocession d’environ 3,5 % aux départements limitrophes).
Comme les barèmes d’impôt à la source sont propres à chaque canton, le simulateur vous laisse saisir le taux exact figurant sur votre fiche de paie ou dans le barème cantonal officiel.
Le cas du Grand Est : Bâle, le Jura, Soleure
La frontière entre le Grand Est et la Suisse se situe principalement autour de Bâle, en Alsace. Les cantons les plus concernés pour les frontaliers du Grand Est — Bâle-Ville, Bâle-Campagne, le Jura et Soleure — font tous partie de l’accord de 1983. Pour la grande majorité des frontaliers du Grand Est, l’impôt se paie donc en France, et non à la source en Suisse.
Comment utiliser le simulateur
- Choisissez votre canton de travail : le régime fiscal (France ou source) s’ajuste automatiquement.
- Saisissez votre salaire brut, en mensuel ou en annuel.
- Renseignez votre situation familiale, le nombre d’enfants à charge et votre âge (pour la LPP).
- Ajustez si besoin le taux LAA et, selon le régime, le taux de change ou le taux d’impôt à la source.
- Lisez le détail : cotisations, net, puis impôt (en France ou à la source).
Avertissement : Ce simulateur fournit une estimation indicative fondée sur les barèmes 2026 et une méthode simplifiée. Il ne remplace ni votre fiche de paie, ni un conseil fiscal ou social personnalisé. Vérifiez toujours les montants auprès des administrations compétentes avant toute décision.
Questions fréquentes
Quel est le salaire net d’un frontalier en Suisse ?
Sur un salaire brut suisse, comptez environ 11 à 18 % de cotisations sociales (AVS, AC, LAA, LPP), la part variable étant surtout la LPP, qui dépend de l’âge et de la caisse de pension. S’ajoute ensuite l’impôt : en France pour les cantons de l’accord de 1983, ou à la source en Suisse pour les autres. Le simulateur estime votre net selon votre situation.
Un frontalier travaillant à Bâle paie-t-il ses impôts en France ou en Suisse ?
En France. Bâle-Ville et Bâle-Campagne font partie des huit cantons de l’accord de 1983 : le frontalier qui rentre quotidiennement chez lui est imposé en France et n’a pas de retenue à la source suisse, sur présentation de l’attestation 2041-AS.
Qu’est-ce que l’accord franco-suisse de 1983 ?
C’est l’accord qui prévoit que les frontaliers travaillant dans huit cantons (Berne, Soleure, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Vaud, Valais, Neuchâtel, Jura) sont imposés dans leur pays de résidence, la France, et non à la source en Suisse. La Suisse rétrocède 4,5 % de la masse salariale brute à la France.
Comment fonctionne l’impôt à la source en Suisse ?
Dans les cantons hors accord de 1983 (Genève, Zurich, Tessin…), l’employeur retient l’impôt directement sur le salaire selon le barème cantonal, qui dépend du revenu, de la situation familiale et de la commune. Le revenu doit ensuite être déclaré en France pour le calcul du taux effectif.
Quelles cotisations sont prélevées sur un salaire suisse ?
L’AVS/AI/APG (5,3 %, sans plafond), l’assurance-chômage (1,1 % jusqu’à 148 200 CHF/an), l’assurance-accidents non professionnels (LAA, à la charge du salarié) et, le cas échéant, la prévoyance professionnelle (LPP, 2ᵉ pilier).
La LPP est-elle obligatoire ?
Oui, dès que le salaire annuel dépasse 22 680 CHF (seuil 2026). Elle se calcule sur le salaire coordonné, avec un taux qui augmente avec l’âge (de 7 % à 18 %), partagé au minimum à parts égales avec l’employeur.
L’assurance maladie est-elle déduite du salaire suisse ?
Non. L’assurance maladie (LAMal ou, sur option, la CMU française) n’est pas prélevée sur la fiche de paie suisse : elle est réglée séparément. Elle n’entre donc pas dans le calcul du salaire net affiché.