Vous travaillez en Allemagne et vous voulez lancer une activité indépendante en France — micro-entreprise, activité libérale, projet en parallèle ? C’est possible, et tant que l’activité reste accessoire (« nebenberuflich »), le système allemand est plutôt accommodant. Voici les règles, point par point.
Ce qui se passe en Allemagne
- Votre sécurité sociale, pour toutes vos activités (règl. 883/2004, art. 13 §3)
- Activité accessoire (« nebenberuflich ») : pas de cotisations maladie supplémentaires — c’est votre Krankenkasse qui apprécie
- Votre document A1, preuve de votre affiliation
Ce qui se passe en France
- L’impôt sur votre activité indépendante (convention de 1959, art. 12)
- L’immatriculation de votre entreprise (guichet unique INPI)
- La déclaration 2042-C-PRO (micro-BIC / micro-BNC) — rien à l’URSSAF côté cotisations
Une seule sécurité sociale : l’Allemagne
Le droit européen interdit d’être affilié dans deux pays à la fois. Quand on cumule une activité salariée dans un pays et une activité indépendante dans un autre, c’est la législation du pays de l’activité salariée qui s’applique — à l’ensemble des activités. Salarié en Allemagne + indépendant en France = sécurité sociale allemande pour tout.
Concrètement : votre employeur allemand ne change rien ; informez votre Krankenkasse, qui vérifie que l’activité reste accessoire — les repères habituels : moins de 20 heures par semaine et des revenus inférieurs à votre salaire, appréciés au cas par cas ; tant que c’est le cas, pas de cotisations maladie supplémentaires, et l’assurance retraite n’est en général pas due pour une activité indépendante accessoire (hors professions particulières) ; en France, ni l’URSSAF ni la Sécurité sociale des indépendants ne prélèvent de cotisations sur cette activité.
Mode d’emploiVos démarches, dans l’ordre
- Parlez-en à votre employeur allemand. Vérifiez votre contrat de travail : obligation d’information ou d’accord préalable (Nebentätigkeit), non-concurrence.
- Créez votre entreprise au guichet unique (procédure en ligne sur le site de l’INPI). L’immatriculation en France reste obligatoire, même si vos cotisations relèvent de l’Allemagne.
- Signalez votre pluriactivité à l’URSSAF, l’institution de votre pays de résidence : c’est elle qui lance la procédure de détermination de la législation applicable.
- Informez votre Krankenkasse de votre activité accessoire, pour qu’elle confirme le caractère « nebenberuflich » (et donc l’absence de cotisations supplémentaires).
- Recevez votre document A1, établi côté allemand. Conservez-le : c’est votre preuve en cas de contrôle en France.
Vos impôts : la France pour l’activité indépendante
La convention fiscale franco-allemande du 21 juillet 1959 (art. 12) réserve l’imposition des revenus d’une activité indépendante à l’État où elle s’exerce au moyen d’une « installation permanente ». Résident français exerçant depuis la France, sans installation en Allemagne : votre revenu d’indépendant est imposé en France, en micro-BIC ou micro-BNC, via la déclaration 2042-C-PRO.
Votre salaire allemand, lui, ne change pas de régime : si vous avez le statut de frontalier fiscal (zone frontalière, retour quotidien, plafond de 45 jours hors zone), il reste imposé en France ; sinon, il reste imposé en Allemagne. L’activité indépendante exercée en France ne remet pas en cause ce statut. Voir notre rubrique fiscalité en Allemagne.
| Micro-entreprise : plafonds 2026 | Montant (CA annuel HT) |
|---|---|
| Vente de marchandises, hébergement | 203 100 € |
| Prestations de services, professions libérales | 83 600 € |
Mise à jour le 28 août 2026 — source : service-public.fr. La franchise en base de TVA obéit à des seuils distincts : vérifiez-les sur impots.gouv.fr au moment de la création.
AttentionLes pièges à connaître
En résumé
| Question | Réponse |
|---|---|
| Sécurité sociale | L’Allemagne, pour toutes les activités (règl. 883/2004, art. 13 §3) |
| Cotisations sur le revenu indépendant | Aucune cotisation supplémentaire tant que l’activité reste accessoire (appréciation de la Krankenkasse) |
| Impôt sur le revenu indépendant | France (micro-BIC / micro-BNC, déclaration 2042-C-PRO) |
| Impôt sur le salaire allemand | Inchangé — le statut de frontalier fiscal n’est pas remis en cause |
| Document à obtenir | A1, établi côté allemand après signalement à l’URSSAF |
| Télétravail | Sortie de l’accord-cadre 49,9 % en cas de cumul |
Les questions des frontaliers
Puis-je créer une micro-entreprise en France tout en travaillant en Allemagne ?
Oui, aucune règle de sécurité sociale ou fiscale ne l’interdit. Le point de vigilance est votre contrat de travail allemand : beaucoup prévoient une obligation d’information ou d’accord préalable pour une activité accessoire (Nebentätigkeit), et une clause de non-concurrence.
Dois-je payer des cotisations à l’URSSAF sur mon activité indépendante ?
Non. Comme votre activité salariée est en Allemagne, la législation allemande s’applique à toutes vos activités. Le document A1 prouve cette affiliation.
Quand mon activité est-elle considérée comme accessoire (« nebenberuflich ») ?
C’est votre Krankenkasse qui apprécie, au cas par cas : temps consacré (repère usuel : moins de 20 heures par semaine) et revenus comparés à votre emploi salarié. Tant que l’activité reste accessoire, pas de cotisations maladie supplémentaires. Faites confirmer votre statut par écrit.
Où déclarer les revenus de mon activité indépendante ?
Pour l’impôt : en France, avec vos autres revenus (formulaire 2042-C-PRO, régime micro-BIC ou micro-BNC). Pour la sécurité sociale : l’activité relève de l’Allemagne — informez votre Krankenkasse.
Est-ce que je perds mon statut de frontalier fiscal ?
Non : le statut dépend de la zone frontalière, du retour quotidien et du plafond de 45 jours travaillés hors zone — pas de votre activité indépendante française. Vos deux revenus sont imposés séparément, chacun selon ses règles.
Je télétravaille déjà depuis la France : puis-je quand même cumuler ?
Prudence. L’accord-cadre des 49,9 % ne s’applique plus en cas de pluriactivité. Vos jours de télétravail redeviennent alors du travail exercé en France : à 25 % ou plus, l’affiliation bascule vers la sécurité sociale française, avec des conséquences directes pour votre employeur. Parlez-en avec lui avant de créer.
Vérifiez par vous-même
- Cleiss · législation applicable (art. 13)
- Cleiss · FAQ pluriactivité
- BMWK · haupt- ou nebenberuflich, l’appréciation de la Krankenkasse
- BOFiP · convention franco-allemande, art. 12
- Service-public · plafonds micro 2026
Liens vérifiés le 28 août 2026.