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Vous cherchez un emploi, envisagez une reconversion ou hésitez entre un poste en France et un poste de l’autre côté de la frontière ? À la rentrée 2026, les données publiées par les services publics de l’emploi français, luxembourgeois, allemand, belge et suisse dressent un panorama contrasté : le marché du travail ralentit globalement, mais certains secteurs continuent de recruter massivement, des deux côtés de la frontière.
- 🇫🇷 France : 2,28 millions de projets de recrutement, le Grand Est résiste mieux que la moyenne nationale.
- 🇱🇺 Luxembourg : 20 métiers « très en pénurie » en 2026, en baisse par rapport aux années précédentes.
- 🇩🇪 Allemagne : environ 163 métiers en tension, plus d’un million de postes vacants.
- 🇧🇪 Belgique : 144 métiers en pénurie en Wallonie, la construction en tête.
- 🇨🇭 Suisse : la tension se détend globalement, sauf dans la santé et le bâtiment.
- Partout : les métiers du soin et de la construction restent en tension.
France et Grand Est : un marché qui se stabilise
-1,1 % en Grand EstSelon l’enquête « Besoins en Main-d’Œuvre » (BMO) 2026 de France Travail, publiée en avril, les employeurs français déclarent près de 2,28 millions de projets de recrutement pour l’année, soit un recul de 6,5 % par rapport à 2025 — un ralentissement deux fois moins marqué que l’an dernier. Bonne nouvelle pour les candidats : les difficultés de recrutement diminuent nettement, avec 43,8 % de projets jugés difficiles par les employeurs, contre 50,1 % en 2025.
Le Grand Est fait figure d’exception : c’est, avec la Bretagne, l’une des régions où les intentions d’embauche résistent le mieux, avec une baisse limitée à -1,1 % (contre -6,5 % au niveau national).
Les secteurs les plus porteurs en 2026 :
- Santé, social et services à la personne : environ 320 000 projets de recrutement, l’un des rares secteurs en progression (+0,4 %). Plus d’un projet sur deux (54 %) est jugé difficile à pourvoir. Aides-soignants, infirmiers et auxiliaires de vie figurent parmi les profils les plus recherchés : 500 000 postes seront à pourvoir d’ici 2030 dans cette filière.
- Hébergement-restauration : environ 320 000 projets, avec les aides de cuisine et employés polyvalents en tête des métiers les plus recherchés au niveau national (97 100 projets).
- BTP et construction : environ 143 000 projets, mais le taux de difficulté le plus élevé de tous les secteurs (65 %), porté par la rénovation énergétique et les grands chantiers d’infrastructure.
- Industrie : le recul le plus faible des grands secteurs (-2,4 %), avec une forte accélération des industries extractives, énergétiques et de gestion des déchets (+24,8 %). Soudeurs, techniciens de maintenance et chaudronniers sont particulièrement recherchés.
Luxembourg : 20 métiers « très en pénurie »
Liste 2026L’ADEM a publié fin mars sa liste 2026 des métiers « très en pénurie » (année de référence 2025), publiée au Journal officiel. Elle compte désormais 20 métiers, contre 22 en 2025, 24 en 2024 et 30 en 2023.
Les secteurs les plus porteurs restent le social, la santé, la restauration et certaines fonctions administratives et financières spécialisées. En tête des métiers en pénurie : éducateur de jeunes enfants, infirmier et cuisinier, aux côtés de profils financiers pointus comme gestionnaire OPCVM ou auditeur interne.
Nouveautés 2026 : plusieurs métiers font leur entrée dans la liste, notamment dans la construction et le second œuvre (pose et restauration de couvertures), l’industrie (management et ingénierie qualité industrielle) et l’installation-maintenance d’équipements industriels. À l’inverse, les comptables, contrôleurs de gestion et consultants en organisation sortent de la liste : ces métiers restent en tension, mais le déséquilibre entre offres et candidats s’est réduit.
Selon le STATEC, le secrétariat/administration, la comptabilité et l’informatique comptent début 2026 davantage de demandeurs d’emploi que d’offres — des secteurs autrefois très porteurs au Grand-Duché.
Allemagne : une pénurie de main-d’œuvre qualifiée massive
163 métiers en tensionMalgré une conjoncture morose, l’Allemagne demeure structurellement en manque de personnel qualifié. L’analyse annuelle des métiers en tension (« Engpassanalyse ») de la Bundesagentur für Arbeit recense environ 163 métiers en pénurie, et le nombre de postes vacants dans le pays est estimé à plus d’un million.
Les secteurs les plus demandeurs :
- Santé et soins (Pflege) : infirmiers, aides-soignants, médecins — la demande est structurelle et concerne directement les zones frontalières (Sarre, Rhénanie-Palatinat, Bade-Wurtemberg).
- Métiers techniques et artisanat qualifié (Handwerk) : électriciens, installateurs sanitaire-chauffage-climatisation, métiers du bâtiment.
- Informatique : développement, cloud, cybersécurité — les spécialistes IT peuvent même accéder à la Carte bleue européenne sans diplôme formel, sous conditions d’expérience.
- Ingénierie, transport et logistique.
Belgique : 144 métiers en pénurie en Wallonie
Liste du 01/07/2026Le Forem a publié le 1er juillet 2026 sa nouvelle liste des métiers en pénurie : 144 métiers sont concernés en Wallonie, dont 69 nouvelles fonctions. Attention, la méthodologie a changé cette année (l’analyse repose désormais sur l’enquête wallonne sur les besoins en main-d’œuvre et sur un nouvel « indice de criticité »), ce qui rend les comparaisons avec 2025 délicates.
La construction demeure le secteur le plus touché, avec 38 métiers en pénurie (maçons, couvreurs, chauffagistes, électriciens, chefs de chantier, architectes, métiers de la rénovation énergétique). Suivent l’industrie technologique et la santé et action sociale (19 métiers chacune). Le top du classement de criticité illustre bien cette double dominante soins/bâtiment : aide-ménagère à domicile, pharmacien, couvreur, assistant pharmaceutico-technique, aide familiale, conducteur d’autobus, agent de gardiennage, aide-soignant, maçon et infirmier.
À Bruxelles, Actiris recense de son côté 103 fonctions critiques, de l’horeca aux assurances en passant par les métiers techniques et la construction.
Suisse : la tension se détend, sauf santé et bâtiment
-22 % sur un anL’indice suisse de la pénurie de main-d’œuvre (Groupe Adecco / Université de Zurich, novembre 2025) enregistre un recul de 22 % sur un an : le ralentissement économique a réduit le nombre de postes vacants (-8 %) tandis que le nombre de demandeurs d’emploi progressait (+17 %), le taux de chômage passant de 2,3 % à 2,8 %.
Mais la pénurie reste marquée dans quatre familles de métiers : professions de la santé (médecins spécialistes, infirmiers, pharmaciens), encadrement de chantier et de production (chefs de chantier, contremaîtres), techniciens spécialisés et métiers de l’électronique/électricité. En Suisse latine, seule la santé présente encore un déséquilibre net entre offres et candidats.
Signal important pour les frontaliers du Haut-Rhin et du Territoire de Belfort : les métiers de bureau, du commerce et de la finance enregistrent les plus fortes baisses de postes vacants, une évolution que l’étude relie notamment à l’exposition de ces professions à l’intelligence artificielle.
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Ce qu’il faut retenir
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D’un bout à l’autre de la Grande Région et de l’arc frontalier, deux constantes se dégagent :
- Les métiers du soin et de l’accompagnement (infirmiers, aides-soignants, aides à domicile, éducateurs) sont en pénurie partout — en France, au Luxembourg, en Allemagne, en Belgique comme en Suisse. Le vieillissement de la population en fait des métiers « anti-crise », avec toutefois des conditions d’accès variables (langue en Allemagne et au Luxembourg, reconnaissance des diplômes, droit d’exercer).
- La construction et les métiers techniques (couvreurs, électriciens, chauffagistes, maintenance industrielle, encadrement de chantier) figurent sur toutes les listes de tension, portés notamment par la rénovation énergétique.
À l’inverse, les fonctions administratives, comptables et une partie des métiers informatiques voient la tension se réduire sur plusieurs marchés (Luxembourg, Suisse), sous l’effet conjugué de la conjoncture et de l’automatisation.
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