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Chômage : qui vous indemnise et combien ?

Vous habitez en France et travaillez au Luxembourg. En cas de perte d’emploi, un règlement européen désigne le pays qui vous indemnise, et dans la plupart des cas, c’est la France.

Mis à jour le 5 novembre 2026 · montants et règles vérifiés auprès de France Travail, de l’Unédic, de l’ADEM et des institutions européennes.

L’essentiel au 5 novembre 2026

  • Chômage complet : France Travail vous indemnise selon les règles françaises, sur la base de votre salaire luxembourgeois. En chômage partiel, c’est le Luxembourg.
  • Montant : 57 % de votre salaire journalier de référence, ou 40,4 % plus 13,18 € si c’est plus favorable, avec un minimum de 32,13 € par jour. Ces montants n’ont pas été revalorisés au 1er juillet 2026.
  • Durée : 18 mois au plus avant 55 ans, 22,5 mois à 55 et 56 ans, 27 mois à partir de 57 ans. Avant 55 ans, une allocation supérieure à 92,57 € par jour baisse de 30 % au plus à partir du 7e mois.
  • Formulaire U1 : votre dernier employeur remplit le certificat de cessation des relations d’emploi (MyGuichet.lu ou ADEM) ; l’ADEM établit ensuite votre U1.
  • Réforme européenne : adoptée le 28 septembre 2026, elle confiera à terme l’indemnisation au Luxembourg après 22 semaines de travail continu, mais seulement au terme d’une période transitoire de 5 ans, jusqu’à 7 ans, pour le Luxembourg. Rien ne change aujourd’hui.

Le pays qui vous indemnise

En tant que travailleur frontalier, c’est-à-dire si vous rentrez en France chaque jour ou au moins une fois par semaine, vous relevez du règlement européen (CE) n° 883/2004, qui prime sur le droit national. Son article 65 prévoit que le frontalier en chômage complet est indemnisé par son État de résidence : la France, par France Travail, selon les règles françaises de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), sur la base de votre salaire luxembourgeois.

En cas de chômage partiel ou technique, lorsque l’activité est temporairement réduite mais que votre contrat est maintenu, c’est le Luxembourg qui vous indemnise. Voir notre page consacrée au chômage partiel.

Inscrivez-vous comme demandeur d’emploi auprès de France Travail dès la fin de votre contrat. Vous pouvez aussi vous inscrire à titre complémentaire à l’ADEM, mais l’indemnisation du chômage complet reste versée par la France. Pensez au formulaire U1 (PD U1), délivré par l’ADEM, qui atteste vos périodes d’emploi au Luxembourg auprès de France Travail : voir notre fiche pas à pas sur le formulaire U1.

Vos démarches pas à pas

  1. Avant la fin du contrat : demandez à votre dernier employeur luxembourgeois de remplir le « Certificat de travail – cessation des relations d’emploi ». Il peut le faire en ligne sur MyGuichet.lu ou transmettre le formulaire rempli à l’ADEM.
  2. Dès la fin du contrat : inscrivez-vous comme demandeur d’emploi auprès de France Travail et déposez votre demande d’allocation.
  3. Le U1 : à partir de ce certificat, le service des aides financières de l’ADEM établit votre U1, qui atteste vos périodes d’emploi au Luxembourg. Gardez une copie de votre contrat, de vos fiches de salaire et du courrier de fin de contrat.
  4. Le calcul : France Travail calcule votre droit selon les règles françaises, sur la base de votre salaire luxembourgeois, puis vous notifie le montant et la durée de votre allocation.
  5. En complément : vous pouvez vous inscrire à titre complémentaire à l’ADEM ; elle ne vous versera pas d’allocation de chômage complet.

Le montant de l’allocation

France Travail calcule l’ARE à partir de votre salaire journalier de référence, qui correspond au salaire moyen perçu au cours des 24 mois précédant la fin du contrat (36 mois à partir de 55 ans). Votre allocation journalière est égale au montant le plus favorable des deux formules suivantes :

FormuleCalcul
Formule 140,4 % du salaire journalier de référence + partie fixe de 13,18 €
Formule 257 % du salaire journalier de référence
  • Minimum : l’allocation ne peut être inférieure à 32,13 € par jour. Si vous travailliez à temps partiel, ce minimum est réduit par un coefficient.
  • Plafond : elle ne peut dépasser 75 % du salaire journalier de référence.
  • Salaire pris en compte : au plus 526,86 € par jour, soit environ 16 020 € brut par mois.
  • Versement mensuel : depuis le 1er avril 2025, l’allocation est versée sur la base de 30 jours par mois, quel que soit le nombre de jours du mois.

Ces montants sont ceux en vigueur depuis le 1er juillet 2025 : le conseil d’administration de l’Unédic n’a pas réuni de majorité pour les revaloriser au 1er juillet 2026.

Exemple chiffré avec un salaire luxembourgeois

Calcul simplifié pour un salaire brut constant pendant les 24 mois précédant la fin du contrat, sans 13e mois ni prime, et une fin de contrat avant 55 ans. Montants bruts, avant prélèvements sociaux : seul France Travail calcule votre droit réel.

Salaire brut mensuelSalaire journalier de référenceAllocation par jourPar mois (30 jours)À partir du 7e mois
3 500 €115,07 €65,59 €1 967,70 €inchangé
5 000 €164,38 €93,70 €2 811,00 €2 777,10 € (92,57 € par jour)
8 000 €263,01 €149,92 €4 497,60 €3 148,20 € (104,94 € par jour)

Le salaire journalier de référence est ici le salaire des 24 mois divisé par 730 jours. Dans les trois cas, la formule de 57 % est la plus favorable.

La dégressivité des allocations élevées

Si vous avez moins de 55 ans et que votre allocation journalière dépasse 92,57 € (soit un ancien salaire d’environ 4 940 € brut par mois), elle est réduite de 30 % à partir du 7e mois, après 182 jours d’indemnisation, sans pouvoir descendre sous 92,57 € par jour. Certaines formations suspendent ce compteur pendant toute leur durée. Si votre contrat a pris fin avant le 1er avril 2025, la limite d’âge est fixée à 57 ans.

La durée de l’indemnisation

La durée dépend de votre période de référence d’affiliation : les 24 mois précédant la fin du contrat (36 mois à partir de 55 ans). On compte les jours entre la première période de travail de cette période et sa fin, puis on applique un coefficient de 0,75. La durée obtenue est encadrée par un minimum de 6 mois (182 jours) et par les maximums suivants :

Âge à la fin du contratDurée maximale
Moins de 55 ans18 mois (548 jours indemnisés)
55 et 56 ans22,5 mois (685 jours)
57 ans et plus27 mois (822 jours)

Les périodes sans emploi entre deux contrats ne sont retenues que dans la limite de 70 % des jours travaillés.

Après une rupture conventionnelle. Pour une rupture conventionnelle individuelle du droit français dont le contrat prend fin à partir du 1er septembre 2026, la durée maximale est ramenée à 15 mois (456 jours) avant 55 ans et à 20,5 mois (624 jours) à partir de 55 ans (avenant n° 2 à la convention d’assurance chômage, agréé le 19 juin 2026). Si votre contrat luxembourgeois doit prendre fin d’un commun accord, demandez à France Travail comment il qualifiera cette rupture avant de signer.

Si vous êtes indemnisé pour la première fois

Depuis le 1er avril 2026, une règle dérogatoire s’applique aux demandeurs d’emploi dits primo-entrants, c’est-à-dire ceux qui n’ont jamais été indemnisés par l’assurance chômage ou ne l’ont pas été depuis plus de 20 ans. Si vous ne justifiez pas des 6 mois de travail habituellement exigés, France Travail vérifie si vous totalisez au moins 5 mois (108 jours ou 758 heures travaillés) au cours de la période de référence. Dans ce cas, vos droits sont calculés selon les mêmes règles, avec une durée minimale d’indemnisation ramenée à 5 mois (152 jours). Cette règle vaut pour les fins de contrat intervenues à compter du 1er avril 2026. Vos périodes de travail au Luxembourg sont prises en compte pour atteindre ce seuil.

Les délais avant le premier versement

L’indemnisation ne démarre pas immédiatement. S’appliquent successivement :

  • Le différé congés payés, lié à l’indemnité compensatrice de congés payés perçue à la fin du contrat.
  • Le différé spécifique, éventuel, si vos indemnités de rupture dépassent le minimum légal. Il est limité à 150 jours (75 jours en cas de licenciement économique) et sa durée est égale au montant des indemnités supra-légales divisé par un coefficient revalorisé chaque année (111,8 en 2026). L’indemnité de licenciement légale, calculée selon la règle française (1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté pour les 10 premières années, 1/3 au-delà), n’entre pas dans ce calcul.
  • Le délai d’attente de 7 jours, appliqué au plus une fois par période de 12 mois.

Retrouver un emploi puis le perdre à nouveau

  • La reprise de droits vous permet de percevoir le reliquat de vos droits non épuisés, avant leur déchéance (durée du droit initial plus 3 ans). Si vous avez travaillé au moins 88 jours ou 610 heures, la perte de ce dernier emploi doit être involontaire.
  • Le rechargement des droits vous ouvre de nouveaux droits à l’épuisement des anciens, sans démarche, si vous avez retravaillé au moins 130 jours ou 910 heures (environ 6 mois).
  • Le droit d’option permet, après au moins 130 jours ou 910 heures de travail, de renoncer au reliquat pour un nouveau droit, si votre allocation est de 20 € par jour au plus ou si le nouveau droit est supérieur d’au moins 30 % au droit initial. Il faut le demander expressément à France Travail ; vous disposez de 21 jours pour décider et le choix est irrévocable.

Sans demande de votre part, France Travail verse d’abord le reliquat de vos droits, puis les recharge à leur épuisement si vous remplissez les conditions.

Réforme européenne adoptée le 28 septembre 2026. Après le vote du Parlement européen du 7 juillet 2026, le Conseil de l’Union européenne a définitivement adopté la révision des règles de coordination de sécurité sociale. À terme, le frontalier en chômage complet sera indemnisé par le pays de son dernier emploi, ici le Luxembourg, s’il y a travaillé au moins 22 semaines de manière continue ; en dessous, la France restera compétente. Il devra aussi remplir les conditions du droit luxembourgeois, qui exige notamment 26 semaines de travail salarié sur une période de référence de 12 mois.

Le règlement entre en vigueur le premier jour du mois suivant sa publication au Journal officiel de l’Union européenne. Les nouvelles règles ne s’appliqueront qu’après une période transitoire de deux ans, portée à cinq ans pour le Luxembourg et prolongeable jusqu’à sept ans si les adaptations techniques l’exigent. Rien ne change donc pour vous aujourd’hui : France Travail continue de vous indemniser selon les règles décrites sur cette page. Nous la mettrons à jour dès la publication du calendrier d’application. Notre article sur la réforme adoptée · notre article de 2025 sur le projet de réforme

Questions fréquentes

Qui paie le chômage d’un frontalier qui travaille au Luxembourg ?

En chômage complet, la France : France Travail vous indemnise selon les règles françaises, sur la base de votre salaire luxembourgeois (règlement (CE) n° 883/2004, article 65). En chômage partiel ou technique, votre contrat est maintenu et c’est le Luxembourg qui vous indemnise.

Combien vais-je toucher ?

Le montant le plus favorable entre 57 % de votre salaire journalier de référence et 40,4 % de ce salaire plus 13,18 €, avec un minimum de 32,13 € par jour et un maximum de 75 % du salaire journalier. Pour un salaire brut constant de 5 000 € par mois, cela donne environ 93,70 € brut par jour, soit 2 811 € par mois. Ces montants n’ont pas été revalorisés au 1er juillet 2026.

Combien de temps vais-je être indemnisé ?

La durée dépend de la période travaillée sur les 24 derniers mois (36 mois à partir de 55 ans), à laquelle on applique un coefficient de 0,75. Elle va de 6 mois (5 mois pour une première ouverture de droits depuis 20 ans) à 18 mois avant 55 ans, 22,5 mois à 55 et 56 ans et 27 mois à partir de 57 ans.

Comment obtenir le formulaire U1 ?

Demandez à votre dernier employeur luxembourgeois de remplir le « Certificat de travail – cessation des relations d’emploi », en ligne sur MyGuichet.lu ou en le transmettant à l’ADEM. L’ADEM établit ensuite votre U1 à partir de ce certificat. Inscrivez-vous à France Travail dès la fin de votre contrat.

Le Luxembourg va-t-il payer le chômage des frontaliers ?

À terme, oui, si vous y avez travaillé au moins 22 semaines de manière continue : la réforme européenne a été définitivement adoptée le 28 septembre 2026. Mais le Luxembourg bénéficie d’une période transitoire de cinq ans, prolongeable jusqu’à sept ans. D’ici là, c’est toujours France Travail qui vous indemnise.

Mon allocation va-t-elle baisser au 7e mois ?

Oui si vous aviez moins de 55 ans à la fin de votre contrat et que votre allocation dépasse 92,57 € par jour, soit un ancien salaire d’environ 4 940 € brut par mois : elle baisse de 30 % au plus, sans descendre sous 92,57 € par jour. Certaines formations suspendent ce compteur.

Puis-je aussi m’inscrire à l’ADEM ?

Oui, à titre complémentaire. Mais l’ADEM ne vous versera pas d’allocation de chômage complet : c’est France Travail, l’organisme de votre pays de résidence, qui vous indemnise.

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Sources officielles : montants et règles vérifiés le 5 novembre 2026.

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