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Chômage : qui vous indemnise et combien ?

Vous habitez en France et travaillez au Luxembourg. En cas de perte d’emploi, un règlement européen désigne le pays qui vous indemnise, et dans la plupart des cas, c’est la France.

En bref

  • En chômage complet, France Travail vous indemnise sur la base de votre salaire luxembourgeois.
  • L’allocation est égale à 57 % du salaire journalier de référence, ou à 40,4 % plus 13,18 € si c’est plus favorable, avec un minimum de 32,13 € par jour.
  • Elle est versée pendant 18 mois au plus avant 55 ans, et jusqu’à 27 mois à partir de 57 ans.
  • Avant 55 ans, les allocations élevées sont réduites de 30 % à partir du 7e mois.

Le pays qui vous indemnise

En tant que travailleur frontalier, c’est-à-dire si vous rentrez en France chaque jour ou au moins une fois par semaine, vous relevez du règlement européen (CE) n° 883/2004, qui prime sur le droit national. Son article 65 prévoit que le frontalier en chômage complet est indemnisé par son État de résidence : la France, par France Travail, selon les règles françaises de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), sur la base de votre salaire luxembourgeois.

En cas de chômage partiel ou technique, lorsque l’activité est temporairement réduite mais que votre contrat est maintenu, c’est le Luxembourg qui vous indemnise. Voir notre page consacrée au chômage partiel.

Inscrivez-vous comme demandeur d’emploi auprès de France Travail dès la fin de votre contrat. Vous pouvez aussi vous inscrire à l’ADEM pour accéder à ses offres d’emploi, mais l’indemnisation du chômage complet reste versée par la France. Pensez au formulaire U1 (PD U1), délivré par l’ADEM, qui atteste vos périodes d’emploi au Luxembourg auprès de France Travail.

Le montant de l’allocation

France Travail calcule l’ARE à partir de votre salaire journalier de référence, qui correspond au salaire moyen perçu au cours des 24 mois précédant la fin du contrat (36 mois à partir de 55 ans). Votre allocation journalière est égale au montant le plus favorable des deux formules suivantes :

FormuleCalcul
Formule 140,4 % du salaire journalier de référence + partie fixe de 13,18 €
Formule 257 % du salaire journalier de référence
  • Minimum : l’allocation ne peut être inférieure à 32,13 € par jour. Ce minimum ne s’applique pas au temps partiel.
  • Plafond : elle ne peut dépasser 75 % du salaire journalier de référence.
  • Versement mensuel : depuis le 1er avril 2025, l’allocation est versée sur la base de 30 jours par mois, quel que soit le nombre de jours du mois.

La dégressivité des allocations élevées

Si vous avez moins de 55 ans et que votre allocation journalière dépasse 92,57 € (soit un ancien salaire d’environ 4 940 € brut par mois), elle est réduite de 30 % à partir du 7e mois, après 182 jours d’indemnisation, sans pouvoir descendre sous 92,57 € par jour. Une formation inscrite dans votre projet personnalisé d’accès à l’emploi (PPAE) suspend ce délai. Si votre contrat a pris fin avant le 1er avril 2025, la limite d’âge est fixée à 57 ans.

La durée de l’indemnisation

La durée dépend de votre période de référence d’affiliation : les 24 mois précédant la fin du contrat (36 mois à partir de 55 ans). On compte les jours entre la première période de travail de cette période et sa fin, puis on applique un coefficient de 0,75. La durée obtenue est encadrée par un minimum de 6 mois (182 jours) et par les maximums suivants :

Âge à la fin du contratDurée maximale
Moins de 55 ans18 mois (548 jours indemnisés)
55 et 56 ans22,5 mois (685 jours)
57 ans et plus27 mois (822 jours)

Depuis la convention d’assurance chômage du 1er avril 2025, les périodes sans emploi entre deux contrats sont prises en compte dans la limite de 70 % des jours travaillés.

Si vous êtes indemnisé pour la première fois

Depuis le 1er avril 2026, une règle dérogatoire s’applique aux demandeurs d’emploi dits primo-entrants, c’est-à-dire ceux qui n’ont jamais été indemnisés par l’assurance chômage ou ne l’ont pas été depuis plus de 20 ans. Si vous ne justifiez pas des 6 mois de travail habituellement exigés, France Travail vérifie si vous totalisez au moins 5 mois (108 jours ou 758 heures travaillés) au cours de la période de référence. Dans ce cas, vos droits sont calculés selon les mêmes règles, avec une durée minimale d’indemnisation ramenée à 5 mois (152 jours). Cette règle vaut pour les fins de contrat intervenues à compter du 1er avril 2026. Vos périodes de travail au Luxembourg sont prises en compte pour atteindre ce seuil.

Les délais avant le premier versement

L’indemnisation ne démarre pas immédiatement. S’appliquent successivement :

  • Le différé congés payés, lié à l’indemnité compensatrice de congés payés perçue à la fin du contrat.
  • Le différé spécifique, éventuel, si vos indemnités de rupture dépassent le minimum légal. Il est limité à 150 jours et sa durée est égale au montant des indemnités supra-légales divisé par un coefficient revalorisé chaque année (109,6 en 2025). L’indemnité de licenciement légale, calculée selon la règle française (1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté pour les 10 premières années, 1/3 au-delà), n’entre pas dans ce calcul.
  • Le délai d’attente de 7 jours.

Retrouver un emploi puis le perdre à nouveau

  • La reprise de droits vous permet de percevoir le reliquat de vos droits non épuisés, avant leur déchéance.
  • Le rechargement des droits vous ouvre de nouveaux droits si vous avez suffisamment retravaillé.

France Travail applique la solution la plus favorable.

Réforme en cours. La révision des règles européennes prévoit de confier l’indemnisation du chômage complet à l’État du dernier emploi, le Luxembourg, dès lors que le frontalier y justifie d’une période d’assurance continue d’au moins 22 semaines. En raison du poids des frontaliers dans son marché du travail, le Luxembourg bénéficie d’une période transitoire de 5 ans : pendant cette période, rien ne change et vous restez indemnisé par la France selon les règles actuelles. Nous mettrons cette page à jour dès l’entrée en vigueur effective. Lire notre article sur la réforme

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Sources officielles : règlement (CE) n° 883/2004, article 65. France Travail, page « Travailleurs frontaliers » et fiche ARE. Unédic, convention d’assurance chômage du 1er avril 2025 et paramètres au 1er juillet 2025, maintenus au 1er juillet 2026 en l’absence de revalorisation. Décret n° 2026-214 du 28 mars 2026 et arrêté d’agrément du même jour (primo-entrants). Montants vérifiés le 10/07/2026.

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